Genève

By stephaniemartel

Genève est lisse. Exactement selon le sens que donne au terme les Français en parlant d’une fille. Jolie comme la moyenne, bien mise et propre. Gentille, on en a rapidement fait le tour puisqu’elle manque finalement de personnalité, à défaut de fond de teint (on sent justement la fille qui essaie de faire une métaphore de gars, eh, j’y peux rien!). Pas désagréable, mais tout de même un peu trop polie, un peu trop terne, ennuyante au bout d’un court moment. Bref, Genève est un one night stand.

En dehors de ses banques, Genève c’est aussi des horloges. Dont une, fleurie. On a fait un peu trop de chemin pour aller admirer la chose 5 minutes, plus petite que ce que laissait croire la photo sur le dépliant.

“Alors, la voilà ta fameuse horloge fleurie! T’es contente? Ben profite!”

- Un Clément hargneux.

Il paraît que le Lac Tibériade, c’est 6 fois le Lac Léman (ou 10, ou 25, je ne sais plus). Tout ça pour dire que cette référence évidente pour la plupart des étudiants assistant il y a 4 mois à la conférence de Georges Mutin sur la géopolitique des eaux au Moyen-Orient ne me disait absolument rien jusqu’à ce moment. Maintenant, j’aurai au moins vu le Lac Léman, à défaut de me rappeler le rapport de superficie précédemment évoqué. Le Lac Léman est donc bien joli et tout ça et le célèbre jet d’eau aussi. Toutefois, il aurait certainement été plus impressionnant sans le ballon de foot géant accroché juste au-dessus à l’occasion de l’Euro, dont la Suisse partage l’accueil avec l’Autriche cette année. Nous posons nos fesses aux Paquets, pour admirer la baignade téméraire d’un vieux bonhomme motivé.

L’intérêt de faire de Genève un one night stand et donc d’éviter un surplus inutile de rendez-vous, c’est qu’elle coûte particulièrement cher. Et Mc Do pour une «date », on s’entend que même une fois, c’est de trop, surtout pour 12 euros le trio.

Nous logeons chez le frère de Louis, qui habite justement derrière un pâté de maisons bien singulier, celui des « Maisons de Schtroumpfs », un ensemble de blocs lego géants et un peu difformes, nouvelle édition parce qu’ils ont rajouté des couleurs (orange, mauve et rose) depuis la dernière fois que j’ai construit le bateau pirate. Il paraît que les gens paient des fortunes pour avoir le privilège d’y vivre (parce que oui, il y a des vrais gens qui habitent là-dedans). Je ne sais pas si il y a des listes d’attente mais bizarrement, ça ne m’étonnerait pas.

Moi qui adoooore l’accent suisse, j’ai été un peu déçue de constater qu’il se perd à Genève. Ah, ça m’apprendra à voyager en quête de pittoresque naïf.

Genève est aussi sacrément bobo. Les habitants traînent dans les parcs toute la journée et nous les admirons assis sur le plus long banc d’Europe, au-dessus du Mur des Réformateurs, alors qu’ils déblatèrent sur le malheur des Français quant à la baisse du pouvoir d’achat. La tectonique a atteint la -lire « nous poursuit jusqu’en »- Suisse et les « skateurs » sur la place essaient tant bien que mal d’éviter ces danseurs qui miment avec énergie une douche épileptique.

Le siège de l’ONU, vide, c’était très bien. Dans la ligne de drapeaux de l’entrée, avant de passer les contrôles, j’ai trouvé le Canada en deux secondes; Clément -on le salue- a d’ailleurs été très impressionné par cette nouvelle démonstration de mon légendaire instinct patriotique. Notre guide, un Allemand aux cheveux beaucoup trop longs pour être formels, tombant en queue de cheval sur un costard bleu officiel trois fois trop grand pour lui, nous est déjà sympathique avant d’ouvrir la bouche. Puis, il en rajoute en nous racontant de belles histoires sur les paons qui vivaient dans le jardin, à l’ombre du grand cèdre libanais (pareil à celui du drapeau,) jusqu’au mois dernier. L’un d’entre eux serait monté à un arbre et, ne pouvant plus redescendre, aurait interrompu de ses cris désespérés une importante réunion d’une commission quelconque, jusqu’à ce qu’un jardinier parvienne à le déloger. Un second aurait été malencontreusement écrasé par la voiture de Jacques Chirac. Les survivants auraient finalement été décimés par deux renards affamés. L’événement dériva d’ailleurs en un grave incident diplomatique, lorsque l’on découvrit que les dits prédateurs étaient français, Des soupçons concernant un éventuel dressage par des agents du GIGR n’ont malheureusement pas pu être vérifiés puisque les dangereux criminels sont toujours en cavale.

Par la même occasion, nous avons aussi découvert que le siège de l’Organisation météorologique mondiale se trouvait à Genève, encore un. Ah! Et que celui de l’OMC était ridiculement brun et moche.

Je m’assoies au siège du Yémen pour écouter le reste du discours de notre guide sur le combat onusien pour le respect des droits humains, et rapporte en souvenir, par la grandeur de mon cynisme, une carte postale illustrée du drapeau nord-coréen. À mauvais joueur, mauvaise joueuse.

Une réponse vers «Genève»

  1. Clem dit :

    Je n’étais pas hargneux. Je ne le suis jamais d’ailleurs :-D
    J’ai posément et furtivement soulevé légèrement la probable possibilité que tu aurais pu avoir de prendre, ou alors ne serait-ce qu’essayer de prendre, une photo de ce formidable champ de verdure. Ou essayer de faire croire que tu t’intéressais à la photo que Louis prenait.

    Bon j’espère à présent que tu raconteras tes aventures outre-atlantistes car ça va manquer sinon !! Sans niaiser. (et mon correcteur d’orthographe qui ose me dire que ce mot n’existe pas…)

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